Vers une mode plus éthique #1

Me voilà partie pour vous parler d’un sujet qui a changé ma vie il y a deux ans déjà, la mode éthique et responsable.

Cet article, qui promet d’être assez conséquent, sera divisé en plusieurs parties. Dans celle-ci, la première, je vous parlerai de mon histoire avec la mode éthique, et pourquoi j’en suis arrivée à changer de manière de consommer.

Sachez avant toute chose que les propos que je m’apprête à tenir me sont propres, je n’oblige personne à suivre à la lettre ce que je vais dire. Je parle juste de mon expérience personnelle. Maintenant, si vous voulez appliquer certains de mes conseils, ou juste vous inspirer de quelque manière que ce soit sur ce mode de vie, libre à vous ! En outre, je ne prétends pas détenir la vérité absolue, vous êtes parfaitement libres de faire ce que vous voulez, je n’oblige personne à rien.

Tout d’abord, partons du début : comment pourrait-on définir la mode éthique ? Pour ma part, je pense que l’on peut parler de mode « éthique » à partir du moment où il y a une vraie réflexion consciente au moment de l’achat d’un vêtement. Il y a des boutiques de vêtements qui sont spécialisées dans la mode dite « éthique », mais en soi, la mode responsable se trouve à tous les coins de rues. Je vous parlerai des spots où chiner des pièces pas chères et responsables dans une prochaine partie de cet article, patience:). En attendant, la mode responsable consiste à réflechir avant d’acheter, et à mesurer l’impact de sa consommation à grande échelle. Elle s’oppose selon moi à la « fast-fashion », la mode « rapide » donc, qui désigne l’actuelle manière de consommer les vêtements.

Selon Wikipédia, « La fast fashion est un segment de l’industrie vestimentaire qui se caractérise par le renouvellement très rapide des vêtements proposés à la vente, plusieurs fois par saison, voire plusieurs fois par mois ». Cela signifie que l’on est passé de deux collections PRINTEMPS-ETE à AUTOMNE-HIVER au début du siècle dernier, à près de cinquante-deux collections (une par semaine) pour les plus grandes marques de vêtements que l’on connait tous aujourd’hui, qui se sont transformés en véritables supermarchés, temples de la surconsommation. Les vêtements sont produits à très bas coûts, dans des matériaux peu durables, afin de promettre un prix alléchant au consommateur, qui sera donc poussé à toujours plus acheter. Car, si le vêtement est de mauvaise qualité, le consommateur devra en racheter à une fréquence plus élevée, d’où les collections quasi-hebdomadaires revendiquées par certaines enseignes. C’est un cercle démesurément vertueux pour les entreprises, qui s’assurent un très haut rendements et un maximum de bénéfices. C’est également intéressant pour le consommateur, qui voit fleurir sous ses yeux une offre toujours plus grande de produits inspirés des tendances à très bas coût. Dans un sens, la fast-fashion a permis de démocratiser le prêt-à-porter et de le rendre accessible à tous. Mais à quel prix ?

Je vais reprendre un exemple fréquemment utilisé dans les divers sources qui traitent de la fast-fashion, l’effrondrement du Rana Plaza en 2012, une entreprise au Bengladesh qui produisait des vêtements pour des grandes marque de fast-fashion. Après s’être plaints à de nombreuses reprises des qualités insalubres de production, de l’état vétuste des locaux et des salaires trop bas, les ouvriers ont été victimes de l’effondrement de la firme, causant plus de milles deux-cents morts. En sachant que les responsables étaient au courant des problèmes exprimés par les employés, on peut vraiment remettre en question l’éthique de ces firmes. Le profit certes, des rendements surélevés, mais au prix de vies humaines. Et le Rana Plaza n’est pas le seul exemple qui illustre l’immoralité capitalistique.

En plus des catastrophes sociales qu’engendre la fast-fashion, cette dernière a aussi un impact désastreux sur l’environnement. Outre le transport des pays de production, souvent en Asie ou en Afrique, où le salaire minimum est plus bas et où les conditions de travail sont moins réglementées, jusqu’au pays occidentaux qui consomment, la fast-fashion a également des conséquences qui impactent directement l’écologie. Il y a par exemple la surexploitation des ressources naturelles, car pour produire un kilo de coton, il faut dix-mille litres d’eau. A force d’extraire, de pomper toute l’eau disponible, les populations en sont privées et sont contraintes de boire une eau souillée de détritus et dangereuse pour leur santé. De même, en Inde, les jeans sont teintes avec des produits extrêmement dangereux, directement dans le Gange, le fleuve sacré qui traverse la ville. En conséquence, celui est saturé de pesticides et de produits polluants, ce qui rend sa consommation très dangereuse pour les locaux. Il faut savoir que l’industrie textile est la deuxième plus polluante au monde, après le pétrole. Je ne sais pas pour vous, mais moi, ça me choque de savoir que ce marché, qui n’est pas vital en soi soit aussi dévastateur pour notre planète.

Ainsi, j’en reviens à ma définiton de début : pour moi, la mode est éthique et responsable si l’on achète en connaissance de cause, et à partir du moment où l’on prend la décision d’acheter un vêtement dans le souci de respecter l’environnement et de ne pas favoriser une production qui va à l’encontre des Droits de l’Homme en exploitant des ouvriers sous-payés et travaillant dans des conditions précaires.

J’ai découvert la mode responsable au hasard, il y a deux ans comme je l’ai dit dans l’introduction. En effet, j’ai toujours été très attirée par la mode, donc une grande consommatrice de vêtements. Pour en avoir beaucoup et avoir du choix, j’achetais dans des grandes enseignes à bas coût, dès que j’avais un peu d’argent je le dépensais dans des vêtements de mauvaise qualité mais à l’image des tendances. Mais, à quinze ans, je ne travaillais pas, donc il devenait compliqué pour moi de satisfaire mes envies de consommation, et je n’avais pas non plus envie de harceler mes parents pour un t-shirt, c’est plutôt logique. Ainsi, j’ai commencé à regarder des vidéos sur YouTube de personnes qui montraient leurs achats effectués en friperie, et à partir de ce moment-là j’ai commencé à m’y intéresser de plus près. C’est là que j’ai découvert tout ce que je vous ai dit précédemment, et que j’ai pris conscience qu’en achetant dans ces enseignes, je finançais un système d’exploitation de l’Humain et de la planète tout ça pour subvenir à une envie frénétique de vêtements dont je n’avais même pas besoin.

Ainsi, j’ai commencé à m’habiller en friperie, mais je vous parlerai plus en détails de celles-ci et des autres alternatives dans la seconde partie de mon article.

En attendant, cette prise de conscience progressive m’a amenée à réfléchir davantage sur ma façon de consommer, à aller vers des vêtements plus éthiques, plus responsables. J’ai été choquée des conditions de travail et de production que subissaient littéralement les ouvriers de l’industrie textile. J’ai été choquée également du poids de cette industrie sur notre environnement. Et malgré le fait que ce problème soit de plus en plus médiatisé, je pense notamment à des projets de lois votés par les Etats en personne, mais qui sont assez lacunaires quand on y regarde de plus près, il est important je pense de rappeler les enjeux qu’un changement de consommation pourrait provoquer à grande échelle et à long terme.

Je vous renvoie au tout début de l’article, mais je ne force personne à faire quoi que ce soit. Vous faites évidemment ce que vous voulez. J’essaie juste de vous faire comprendre mon changement de position, et peut-être de vous inciter à bien réfléchir quant à l’achat compulsif de vêtements. Toujours est-il que c’est vous qui gardez le dernier mot.

Si vous souhaitez vous informer un peu plus en profondeur sur le sujet, il existe de nombreux podcasts ou émissions, et même chaînes YouTube dédiés à la mode responsable et contre la fast-fashion. Parmi toutes ces sources, je vous invite vivement à consulter la chaîne de Clara Victorya sur YouTube, où vous en apprendrez beaucoup sur les friperies notamment (se sera le sujet de notre deuxième épisode), mais aussi le podcast Chiffon de Valérie Tribes pour Grazia qui traite de beaucoup de sujets différents et très intéressants mais aussi de mode responsable, ou encore le site de Madmoizelle où l’on pourrait presque chiner quelques articles sympas sur la mode éthique. En attendant la suite,

A bientôt!